Le héron, la loutre et le castor

Un héron, somnolant au bord d’une rivière
Sursauta à l’écoute d’un cri lointain.
Dans la brume de ce matin,
Mêlée de peur et de prières,
Une loutre orpheline de quelques heures
Se débattait avec ferveur
Pour maintenir sa tête hors de l’eau.
Le héron voulait être, sans doute, un héros,
Si bien que d’un seul coup d’ailes
Il attrapa dans son bec l’orpheline.
Se promettant de sauver la loutre si belle.
Il se souciait de sa vie incertaine,
Son minois lui causant trop de peine.
Loin des siens et avec la famine,
La loutre serait vite le festin d’un prédateur.
Il chercha autour, nid ou odeur
Pour rendre la petite à sa mère,
Sa vie devenant plus qu’éphémère.
Mais rien aux alentours,
Juste un terrier occupé par une mère castor.
Après avoir fait maints tours,
Il décida de sceller son sort.
Le héron déposa la petite loutre tremblante
Dans ce terrier occupé.
Ce n’est qu’un bébé,
Maman castor lui portera amour.
Auprès de ses enfants, elle grandira,
Et dans sa nouvelle famille évoluera.
Le héron, fier de ce nouveau jour,
Heureux d’avoir sauvé cette infante,
Reprit le cours de sa vie.
Et ainsi, les semaines s’écoulèrent
Tandis que la loutre grandit
Auprès de ses nouveaux frères.
L’amour de l’autre fait des miracles.
La loutre, dans son esprit, devint castor,
Et si la nature met des obstacles,
Elle n’est jamais retord.
Loutre aimante et reconnaissante
Ne trouve cependant pas sa place.
Elle demande à ses frères de devenir une bâtisseuse de barrage,
Et de pouvoir participer à l’ouvrage.
Sa nature n’est pas une grâce
Et faire ainsi assistance
Ne peut que ravir sa fratrie.
C’est de bonne volonté
Qu’ainsi elle les rejoignit.
Et la loutre se blessa le nez.
N’insiste pas, lui dit sa mère,
Et ne soit pas en colère.
Va voir ton parrain, le héron.
Il saura te rendre la raison.
Loutre se rendit vers l’échassier
Et lui demanda :
Que suis-je mon parrain,
Loutre ou castor malin ?
Nos différences sont là !
Dis-moi pourquoi tu m’as sauvée.
- Je ne suis pas hirondelle
Et ne fait pas le printemps,
Pas plus que cigogne qui livre les enfants.
Mais la rivière de la vie
M’a mis sur ton chemin.
Reste fidèle à ton destin.
Ne change rien à ton appel
De la nature qui donne vie.
Loutre tu es et resteras.
Et c’est l’amour que tu bâtiras.
Tes frères t’aiment ainsi.
Fait de ta différence une force.
Plutôt que de t’user sur les écorces,
Que tes crocs repoussent les ennemis désireux de détruire votre nid.
Loutre a enfin trouvé sa raison d’être,
Tout en marchant vers le grand hêtre.
Vivre a sa raison
Que la raison ignore.
Que l’on soit loutre ou castor,
Qu’importe la maison !

Jean De La Fontaine

Reçu en séances de ouija, les 1er et 13 février par Sylvie Chevalerias, François Cavarec, Chantal et Guy Faverdin

par Sylvie Chevalerias, François Cavarec, Chantal et Guy Faverdin

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