Le festin des malins
Fable sur la guerre
Un loup, au funeste destin
Par faim, des villes s’approcha,
Rampant comme une ombre,
Voyant sa propre maigreur
Dans le reflet du ruisseau,
Une tristesse et une peur,
Sur la fin de ne plus connaitre un bon festin.
Point de chèvres ou d’agneaux
Pour le loup alpha.
Mais parfois, dans les instants les plus sombres
Renaissent les espoirs.
Quand tout semble noir,
De l’esprit d’un loup solitaire,
Peut surgir une envie de guerre.
La guerre nait de la peur.
Elle enfante la cupidité.
Elle enlève vos frères et sœurs,
Ne laissant que tristesse et incivilité.
Le loup connait la guerre.
Et tout comme les hommes,
Le loup cherche son territoire.
La bête évite l’homme sur son terroir,
Mais la faim est prioritaire.
Et le loup n’aime pas les pommes.
Notre loup affamé
Entendit au loin des cris de gallinacés,
Quelques bruits de fusil.
Pendant qu’au loin, fuyait le goupil,
Une idée lui vint à l’esprit.
« Peut-être devrais-je en faire mon ami ?
Sa facilité à tromper les autres,
Unie à la peur que je suscite,
Pourrait bien, si je l’invite,
Apporter à notre duo, nourriture dans notre camp.
Volons leur blé et l’épeautre,
Afin de troubler leur paix. »
Le vouloir de ce plan
Part de son manque.
Jamais loup avant,
N’avait songé à tel scénario.
La nuit prenant place,
Loup attira son cousin.
D’un vif coup de rein,
Rejoignit son espace.
Bien des associations semblent improbables
Et parfois, se scellent autour d’une table.
C’est auprès de son terrier
Que goupil usa de sa malice,
Tardant à accepter,
Profitant de la faiblesse du loup.
« Soyons donc associés, dit renard,
Mais ne soyons pas fous.
Les hommes n’ont pas de pitié
Et font leur propre police.
Prenons chacun notre part,
Puis chacun retourne à son terrier. »
Loup accepta le marché. Renard commença à s’allécher.
« Fais ce que ta nature te commande.
Par tes hurlements, tu les réveilleras.
Par peur, ils marcheront en bande.
Tandis qu’ils te chercheront,
Dans la grange, je ferai le larron. »
Ainsi donc, loup et renard
Dans la chaleur du soir
Bravant pires humains
Allèrent cueillir leur festin.
Dans le bois et loin des hommes,
Ils firent bonne pitance,
Tandis que sous les chaumes,
Éclats de voix et de colère,
Résonnaient les plus grandes instances.
Pur moment de dénis
Que de voir ennemi
Et de se déclarer la guerre
Pour quelques sacs de grains
dérobés par deux petits malins.
Accuser son voisin
Pour convoiter son bien
Est toujours plus facile
Qu’attraper le goupil.
Ainsi les guerres vous détruisent.
Vos biens vous divisent.
Et dans l’ombre du tableau,
Un ou deux marauds
Vous dépossèdent de votre âme.
Bien plus que tous les drames,
Un malin et son complice
Vous conduiront vers l’injustice.
Jean De La Fontaine
Fable céleste de Jean de la FONTAINE
Reçue en séance ouija le 25 juin et 10 septembre 2023
Par Sylvie Chevalerias, François Cavarec
Chantal et Guy Faverdin
469883 visites | Dernière modification : 03/04/2025 à 09:57 | ![]() |
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